La pêche en eau salée

La pêche à la mouche en mer

 

Cette pêche est  idéale pour tous ceux  qui recherchent des sensations fortes. L’océan est un immense réservoir gratuit, et dont  les poissons sont très combatifs et vraiment sauvages !

Nous avons la chance de résider à quelques encablures  d’un des meilleurs spots pour exercer en milieu salin ou saumâtre : Le Golf de Morbihan. Une situation qu’on nous envie et qui caractérise la situation privilégiée de notre club.

 

Quels poissons sont susceptibles de prendre la mouche en mer dans nos contrées ?

Tous les poissons peuvent se laisser tenter par une mouche : « Si ça nage, ça prendra une mouche ! »

On a coutume de dire que la pêche à la mouche est universelle et s’adresse aussi bien au marlin qu’à l’ablette. Ceci étant, en mer, les prises les plus régulières sont : les bars, les maquereaux, les orphies et les lieus. Le mulet, présent partout, prend aussi la mouche mais, surtout en mer, c’est un client ultra difficile. La mouche à mulet miracle reste à inventer !

Attention, en mer comme en rivière il existe des tailles minimales légales de capture que tout pêcheur respectueux de la ressource se doit de respecter.


Existe-t-il  une saison  idéale ?

La PALM en mer peut se pratiquer durant toute l’année, sous réserve de conditions météorologiques acceptables, les vents parfois tempétueux de nos côtes rendant parfois les lancers impraticables. Sous nos latitudes, les conditions idéales sont généralement réunies de mai à octobre.

 

Où chercher le poisson ?

Inutile de pratiquer en prospection large face à l’immensité de la masse liquide, la pêche à la mouche n’y est pas adaptée. Il vaut mieux rechercher les « structures » : parcs à huitres, digues, pointes rocheuses, variations importantes de niveaux, ou les concentrations de poissons fourrages : ports, estuaires. N’oubliez pas de prendre en compte les variations de hauteurs d’eau liées aux phénomènes des marées qui renforcent l’attrait de nos paysages et multiplient par 10 les caractéristiques de chaque poste qui prendra toute sa valeur à des moments précis du flot ou du jusant.

Prospectez de façon méthodique : du plus près au plus loin, puis en éventail.

Dans le golf, royaume des courants, contre courants, hauts fonds et autres passes d’entrée d’étang ou de ria,  il est possible de faire de très belles pêches du bord et dans ce cas, la sensation de symbiose avec l’élément marin est très forte

Pour ceux qui ont la possibilité d’utiliser un bateau, celui-ci  augmente le champ de prospection et permet de pêcher sur les chasses qui nous sont signalées par nos amies les sternes plongeant sur les éperlans et autres petits poissons fourrages qu’on peut parfois rencontrer... à la côte ! Il est d’ailleurs curieux de constater que, mis à part la pêche sur les grands fonds (inaccessibles en PALM) la plupart des pratiquants embarqués pêchent … près du bord ! 

Avec quel matériel pratiquer ?

Celui utilisé pour le  réservoir peut convenir ! C’est d’ailleurs avec ce type de matériel que l’on peut débuter sur les côtes de notre « petite mer » ou celles de l’océan.

Seule contrainte : un rinçage à l’eau douce après chaque sortie en milieu marin s’impose. Cela vaut bien sûr pour tout le matériel si vous n’êtes pas adeptes du consuméring.

Une canne de 9 pieds au moins (A 10 on est bien) équipée d’une soie intermédiaire de 7 ou plus conviendra dans la plupart des cas sur nos côtes.

Le bas de ligne peut être réduit à sa plus simple expression, 2 brassées de  fluorocarbone en 20/100 vous permettra de taquiner les plus fréquents des habitants de nos côtes (A part le mulet !)

Un panier de lancer vous permettra de ne pas répandre votre soie sur les algues et rochers qui se feront sinon un malin plaisir à la retenir ou de ne pas la voir filer loin, très loin, au gré du courant.

Un gant de stripping protégera  vos phalanges des agressions de la soie gorgée d’eau salée et ramenée vivement.

Des chaussures, bottes, waders bien anti dérapantes afin de ne pas glisser sur les rocher recouverts d’algues

 

Quel type de mouches utiliser ?

Essentiellement des streamers (sauf pour le mulet), qu’il vaut mieux monter sur hameçons inox. Après, c’est le domaine de l’imagination en grande taille. Toutes les imitations sont possibles : poissonnets, crustacés, céphalopodes, poppers  (Sauf pour le mulet). Les couleurs qui ont fait leurs preuves en mer sont quasiment toujours associées à du blanc : blanc/bleu, blanc/chartreuse, blanc/rouge ….Des montages sympa et faciles à réaliser lorsque l’on débute en fly tiying.

La mouche est elle aussi efficace que les autres techniques de pêche en mer ?

Elle est efficace et c’est prouvé par des méthodes traditionnelles. On connait par exemple déjà l’efficacité des plumes de pêche, les fameuses mitraillettes, employées en toutes tailles, pour le maquereau, l’éperlan…. Les mouches de mer sont très réalistes et l’action plus subtile et offrant donc plus d’intérêt en terme de geste que la dandine verticale ou le lancer de masses de plomb.

La variation des animations est infinie. La pratique de la PALM en mer permet de pêcher soit quasiment à l’arrêt (en dérive inerte), soit à vitesse maximum (Le rolly poly bien connu des pêcheurs en réservoir : canne maintenue sous l’aisselle, récupération des 2 mains à toute vitesse). Seule contrainte, la distance de lancer limitée qui réduit le champ d’action mais oblige à s’intéresser particulièrement à la conformation du spot et au comportement du poisson. Cela peut également devenir un avantage car ni le pêcheur en surf casting, rarement le pêcheur au lancer, ne pêchent les premières vagues et les endroits scabreux (massifs d’algues, parcs à huîtres ou zones rocheuses). C’est pourtant là que se tiennent souvent les plus beaux poissons.

 

Il faudra quand même, bien sûr, veiller à travailler la double traction qui vous permettra d’atteindre des distances respectueuses.

Votre sécurité (ce n’est pas une question !)

Autant partir du principe que la mer est un milieu hostile, parce qu’elle l’est.

Algues traitresse, rochers abruptes, fonds vaseux, différences de hauteurs d’eau pouvant être importantes et  rapides suivants les coefficients de marée et générer des courants traitres et violents.

Je ne peux que vous recommander un maximum de précautions afin que votre sortie auprès du grand bleu reste un moment de plaisir.

·         Ne partez jamais sans avoir pris la météo,  sans vous être renseigné sur les heures de marées et l’importance des coefficients.

·         Munissez-vous d’une carte du relief sous-marin et consultez-la avant de vous aventurer sur les ilots et rochers.

·         Conservez votre téléphone portable dans une poche étanche

·         Privilégiez la sortie en compagnie d’un autre pêcheur (c’est plus sympa)

·         Porter votre destination de pêche à la connaissance d’un proche susceptible de déclencher les secours. Indiquez-lui une heure approximative de retour.

·         N’oubliez pas toutes les protections solaires, en bord de mer les UV sont souvent violents.

C’est un minimum, il existe des gilets de pêche auto gonflant qui trouverons toute leur utilité lors de vos escapades dans les rochers en bord de mer.

 

Hostile, mais fragile.

Immense, coléreux, puissant, l’océan reste pour autant un milieu fragile qui mérite toute notre attention et notre respect. Il est aujourd’hui prouvé que ses capacités à absorber nos outrages malveillances ou étourderies sont limitées.

La plupart de nos matériel et matériaux de pêche sont polluants parce que souvent indestructibles. Prenez soin de ne jamais abandonner vos  plastiques divers (nylon, mouches plombées en matériaux synthétiques etc…)

La ressource enfin n’est pas inépuisable et on déplore déjà une baisse du stock de bars sur nos côtes.

Soyez respectueux du poisson de sa taille minimale de capture, écrasez vos ardillons, et si vous souhaitez régaler vos amis du fruit de votre pêche, ce sera de poisson frais, non congelé, et tué proprement.

 

A bientôt, les pieds dans l’eau salée !

François